Livre audio : ce qu’en disent les Guadeloupéens

En Guadeloupe comme ailleurs, la lecture recule. Fatigue, surcharge mentale, écrans omniprésents : les obstacles s’accumulent. Face à ce constat, notre association a fait un pari, celui du livre audio en Guadeloupe.

Restait à savoir ce qu’en pensent les premiers concernés. Nous avons tendu le micro à des artistes, à des passants et à des élus, sur nos stands et lors de rencontres. Leurs réponses dessinent un tableau plus nuancé qu’attendu.

Ce qu’en disent les artistes

Gihane, chanteuse guadeloupéenne, a été interviewée à Petit-Bourg. Elle décrit un rapport aux livres qui passe autant par l’oreille que par la page.

« La lecture, c’est un espace d’évasion que je donne à mon esprit. Même quand je lis moins, j’écoute, je laisse les mots traverser ma vie. »

Voir l’interview de Gihane

Son témoignage rejoint ce que nous observons souvent sur le terrain. L’écoute maintient un lien avec les livres dans des journées déjà pleines.

Ce qu’en disent les habitants

Sur le marché aux épices de Pointe-à-Pitre, un passant s’arrête devant notre stand. Il ne se considérait pas comme un lecteur.

« Avant, je ne lisais pas. Aujourd’hui, j’écoute des livres audio en cuisinant. Ça m’a ouvert un nouveau monde, un monde de savoir. »

Voir le témoignage

La phrase paraît anodine. Elle dit pourtant l’essentiel : la lecture ne passe pas seulement par les yeux. Elle passe aussi par l’oreille, par l’imaginaire et par la régularité.

Ce qu’en disent les élus

David Nébor, maire de Petit-Bourg, s’est également exprimé sur le sujet.

« Promouvoir la lecture et l’audio, c’est offrir un accès à tous, et cela participe directement à l’émancipation de nos citoyens. »

Voir l’interview complète

Il y voit un levier de politique publique, en direction des jeunes et des personnes éloignées du livre imprimé.

Pourquoi le livre audio en Guadeloupe compte

Le format ne remplace pas le papier. Il le complète. Il tend la main à ceux qui ont lâché la lecture, ou qui ne l’ont jamais vraiment tenue. Il accompagne le quotidien : dans les transports, en cuisine, pendant une marche.

Cette question dépasse le confort d’écoute. Selon l’Insee, 16 % des adultes guadeloupéens rencontrent des difficultés face à l’écrit. Nous détaillons ces chiffres dans notre article consacré à l’illettrisme en Guadeloupe. Pour une partie de ces adultes, la voix reste la porte d’entrée la plus praticable vers un texte.

Ce que fait l’association

Pour que l’écoute devienne un réflexe, notre action se déploie sur quatre fronts :

  • des stands de sensibilisation, sur les marchés et lors d’événements locaux ;
  • des vidéos-témoignages publiées sur notre chaîne YouTube ;
  • la promotion de livres audio gratuits avec nos partenaires ;
  • des interventions en milieu scolaire et associatif.

Le catalogue met en avant des auteurs du territoire, comme Kibeni Mayiki, auteur et artiste installé à Goyave.

Écouter un livre, c’est déjà lire

Des voix d’artistes, de citoyens et d’élus convergent vers un même constat. Le support importe moins que le lien maintenu avec les mots.

Les interviews sont réunies sur notre chaîne YouTube. Le catalogue, lui, s’écoute sur app.assoslekti.fr.

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Sebastien MEYNARD

Auteur chez Lekti Blog

1 commentaire

  1. VIDE : un roman audio sur l'adolescence 17 septembre 2026

    […] Le passage à l’audio change la nature du texte. La voix de la narratrice donne un corps à Emma-Lya et rend perceptibles des hésitations que la page laisse muettes. C’est aussi ce que nous racontent les auditeurs rencontrés sur nos stands, dans notre article sur ce que les Guadeloupéens pensent des livres audio. […]

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