Cyberattaques en France : le supermarché en première ligne

Cyberattaques en France : les demandes d'aide pour hameçonnage ont augmenté de 70 % en 2025, le bon réflexe est cybermalveillance.gouv.fr

Les cyberattaques en France touchent désormais le quotidien des familles, jusqu’au rayon du supermarché. En août 2026, le drive d’Intermarché a ainsi perdu les données de 287 605 clients. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, les demandes d’aide pour hameçonnage ont bondi de 70 % en 2025. Ce site public gratuit reste pourtant le premier réflexe à connaître en cas de doute.

Que s’est-il passé chez Intermarché en août 2026 ?

Le groupe Les Mousquetaires a confirmé le 3 août 2026 une intrusion dans les bases clients du drive Intermarché, rapporte Le Monde Informatique. Au total, 287 605 clients sont concernés. Les pirates ont récupéré des noms, des numéros de téléphone, des adresses postales, des dates de naissance et des numéros de carte de fidélité.

L’enseigne précise qu’aucune donnée bancaire ni aucun mot de passe n’a fuité. Elle a porté plainte auprès du parquet de Paris. Les Mousquetaires ont aussi averti les clients d’un risque d’hameçonnage dans les jours suivants, note Connexion France. Le risque, en revanche, ne s’arrête pas là : ces informations servent ensuite à fabriquer des messages piégés très crédibles. Par ailleurs, Auchan avait déjà signalé une fuite de données clients en août 2025, rappelle Le Monde Informatique.

Pourquoi un supermarché intéresse-t-il les pirates ?

Un supermarché détient deux richesses : les coordonnées de milliers de clients et une chaîne d’approvisionnement fragile. La grande distribution dépend en effet de dizaines de fournisseurs, de transporteurs et de logiciels de commande. Qu’un seul maillon tombe, et les rayons se vident.

Cybermalveillance.gouv.fr illustre justement ce scénario dans une campagne de sensibilisation. On y voit un chef de rayon fromagerie dont le fournisseur a subi une cyberattaque. Résultat : son rayon n’a pas pu être approvisionné. Le message vise les petites entreprises : une attaque contre un partenaire finit souvent par toucher toute la chaîne, jusqu’au client.

Que disent les chiffres des cyberattaques en France ?

Les chiffres de 2025 confirment une hausse nette de la menace. Le rapport d’activité 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr, publié le 26 mars 2026, fait état de plus de 500 000 victimes accompagnées. C’est 20 % de plus qu’en 2024.

  • L’hameçonnage, c’est-à-dire un faux message qui imite une banque ou une enseigne pour voler des informations, progresse de 70 %.
  • Les demandes liées aux violations de données augmentent de 107 %.
  • L’usurpation de numéro de téléphone, quand un escroc affiche le numéro d’un vrai service, explose de 517 %.

Concrètement, une fuite comme celle d’Intermarché fournit la matière première, puis l’escroc appelle ou écrit en se faisant passer pour l’enseigne. Jérôme Notin dirige la plateforme. Dans le magazine L’Informaticien (n° 250, octobre 2026), il s’attend d’ailleurs à des fuites encore plus nombreuses.

Qu’est-ce que Cybermalveillance.gouv.fr ?

Cybermalveillance.gouv.fr est le dispositif public d’assistance aux victimes d’actes de cybermalveillance. Il est porté depuis 2017 par le groupement d’intérêt public Acyma, qui associe l’État et des acteurs privés.

Le site propose trois services gratuits. D’abord, des fiches de prévention claires sur les arnaques courantes. Ensuite, le 17Cyber, lancé fin 2024 avec la police et la gendarmerie. Ce diagnostic en ligne identifie l’attaque subie, puis oriente vers la bonne démarche. Enfin, un annuaire de prestataires labellisés ExpertCyber, environ 200 selon Jérôme Notin, pour aider les entreprises et les collectivités.

Pourquoi si peu de Français connaissent-ils ce site ?

Le site manque surtout de moyens pour se faire connaître. Jérôme Notin le résume sans détour dans L’Informaticien : « Nous souffrons d’un total manque de visibilité ». Environ 20 % des Français disent connaître la plateforme, mais seulement 1 % la citent spontanément quand on leur demande vers qui se tourner.

Le budget explique en partie cet écart. L’Anssi, l’agence nationale chargée de la sécurité informatique, verse 800 000 euros par an depuis 2017, selon son directeur. Ce montant n’a jamais suivi l’inflation. Résultat, la plateforme n’a jamais pu financer de grande campagne nationale. Elle compte donc sur le bouche-à-oreille, et sur les sites qui intègrent gratuitement son module 17Cyber.

Comment protéger sa famille au quotidien ?

La meilleure protection reste la méfiance face à toute demande urgente. Un SMS de livraison, un appel du « service fraude » ou un courriel de bon d’achat doivent toujours être vérifiés par un autre canal. Pour cela, appelez le numéro inscrit au dos de votre carte.

Quelques réflexes simples réduisent nettement les risques :

  • Ne jamais communiquer un code reçu par SMS ni ses coordonnées bancaires au téléphone.
  • Utiliser un mot de passe différent pour chaque compte, et activer la double authentification.
  • Mettre à jour téléphones et ordinateurs dès qu’une mise à jour est proposée.
  • En cas d’urgence, appeler le 17 ou le 112, ou envoyer un SMS au 114.

Les enfants sont aussi concernés, car ils utilisent souvent la tablette ou le téléphone des parents. Expliquer qu’un message trop beau pour être vrai cache souvent un piège leur donne un premier réflexe utile. Ce dialogue prolonge naturellement l’éducation financière des enfants, puisque l’argent circule de plus en plus en ligne.

La Guadeloupe n’est pas à l’abri. En novembre 2022, la Région Guadeloupe avait déjà dû couper tous ses réseaux informatiques après une attaque de grande ampleur, selon Le Monde Informatique.

Questions fréquentes sur les cyberattaques en France

Mes données ont fuité lors d’une cyberattaque : que faire ?

Restez vigilant face aux appels, SMS et courriels qui citent l’enseigne concernée. Intermarché a ainsi prévenu ses clients du drive d’un risque d’hameçonnage après la fuite d’août 2026. Ne cliquez sur aucun lien douteux et vérifiez chaque demande par un canal officiel.

Le site Cybermalveillance.gouv.fr est-il gratuit ?

Oui. Cybermalveillance.gouv.fr est un dispositif public, porté par le GIP Acyma depuis 2017. Ses fiches de prévention, son diagnostic 17Cyber et son annuaire de prestataires labellisés sont accessibles sans frais.

Quelle est la menace la plus fréquente en France ?

L’hameçonnage arrive en tête. Selon le rapport d’activité 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr, les demandes d’aide liées à l’hameçonnage ont progressé de 70 % en un an, tous publics confondus.

Quelle différence entre le 17Cyber et le 17 ?

Le 17 reste le numéro d’urgence de la police et de la gendarmerie. À l’inverse, le 17Cyber est un service en ligne. Il aide à identifier une cyberattaque, puis oriente vers des conseils, un signalement ou une plainte.

Apprendre le numérique pour mieux s’en protéger

Comprendre le fonctionnement d’une application ou d’une intelligence artificielle expliquée simplement rend chacun moins vulnérable aux arnaques. C’est la mission de l’association LEKTI, qui vulgarise le numérique auprès du grand public, et notamment des enfants, avec ses ateliers Scratch à Petit-Bourg. Et pour partager un moment en famille sans écran à regarder, les livres audio d’auteurs caribéens et africains vous attendent sur app.assoslekti.fr.

Sebastien MEYNARD

Auteur chez Lekti Blog

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