Chaque année, à Cayenne, des écoliers montent devant un jury avec un livre entre les mains. Ils lisent à voix haute, seuls, face à des adultes qu’ils ne connaissent pas. En 2024 puis en 2026, Isabelle Famaro a siégé dans ce jury. L’autrice guyanaise en a même été la marraine, raconte-t-elle.
Trois de ses livres existent aujourd’hui en version audio sur l’application de l’association Lekti. Deux romans jeunesse, un essai. Tous racontent la Guyane.
Trois livres pour entrer en Guyane
Balle de match pour Annick et la raquette bleue d’Amazonie vient en premier. Annick s’installe en Guyane, le pays de son père. Elle y apprend le tennis, ses gestes et ses règles, tout en découvrant un territoire nouveau pour elle. Ce roman s’adresse aux lecteurs de 7 à 12 ans.
Vient ensuite Maël à la découverte de la Guyane. Maël a huit ans et passe ses vacances dans le pays de sa mère. Ainsi, de commune en commune, il croise la faune et la flore du plateau des Guyanes, cette vaste région forestière au seuil de l’Amazonie.
Le troisième titre change de registre. Guyane, Histoire et Culture est un essai. L’autrice y retrace l’histoire des peuples qui composent la société guyanaise, ainsi que leurs façons de penser et de vivre.
L’écriture d’Isabelle Famaro, accessible et tournée vers l’humain
Rien de tout cela n’était écrit d’avance. Son amie, l’écrivaine franco-brésilienne Nathalie Maranelli, l’a encouragée à se lancer. « Elle a vu en moi un potentiel que je n’imaginais pas forcément », explique Isabelle Famaro.
Elle résume son écriture en trois mots : accessible, sensible et tournée vers l’humain. Ses histoires partent du réel. Par ailleurs, elle accorde une place centrale aux personnages, à leur parcours et au décor qui les entoure.
Quatre romans et un essai composent son catalogue à ce jour. En parallèle de l’écriture, elle est aidante familiale et consacre du temps à la transmission de la lecture.
Du concours de lecture aux ateliers d’écriture
Ti dòkò ka li porte un nom en créole guyanais. Ce concours de lecture à voix haute réunit chaque année des élèves du CP au CM2. Des enseignants l’ont imaginé en 2020, pendant le confinement, à partir de vidéos filmées par les parents, rappelle l’académie de Guyane.
Depuis, l’événement a pris de l’ampleur. En juin 2026, sa septième édition a réuni 170 finalistes à Cayenne, selon Outre-mer la 1ère. Des auteurs du territoire viennent aussi à la rencontre des classes tout au long de l’année.
Isabelle Famaro situe son propre engagement sur deux éditions, en 2024 et en 2026, comme marraine et jurée. Elle anime également des rencontres et des ateliers d’écriture, souvent en milieu scolaire.
Une voix guyanaise dans le catalogue Lekti
Notre association, animée par des bénévoles, publie en audio des auteurs caribéens et africains. Le catalogue accueille déjà d’autres plumes, comme celle de Kibeni Mayiki, auteur et artiste guadeloupéen. La Guyane y trouve désormais sa place.
Le format audio change par ailleurs quelque chose pour les familles pressées. Un enfant écoute une histoire dans la voiture, avant de dormir, ou pendant qu’un parent prépare le repas. L’histoire occupe alors les oreilles, pas les yeux. Nous avons recueilli le point de vue de lecteurs dans notre article sur ce que les Guadeloupéens pensent des livres audio.
L’autrice, elle, formule les choses à sa manière. Elle espère « transmettre des émotions, préserver la mémoire et créer un lien entre les générations ». Ses trois titres s’écoutent sur app.assoslekti.fr.
