Johanna Diochot, l’enseignante qui raconte la Guadeloupe

Des histoires tournaient dans sa tête depuis longtemps. Un jour, Johanna Diochot les a posées sur le papier. Cette autrice guadeloupéenne écrit depuis huit ans, en parallèle de son métier d’enseignante. Aujourd’hui, deux de ses titres s’écoutent sur l’application Lèkti.

« SOS au Paradis » : une île qui bascule

Le premier roman de l’autrice se passe chez elle. Vanessa aime son île. Pourtant, un drame la pousse à fuir vers Paris, à dix-huit ans à peine.

Elle revient quatre ans plus tard, enseignante et jeune mariée, la vie en apparence réussie. Puis un fantôme du passé refait surface. Son frère José, lui, vit l’inverse : adolescent, il ne supporte pas cette Guadeloupe et veut partir à tout prix.

La présentation du livre annonce la couleur. Amour, violence, drogue, infertilité, violences conjugales : les thèmes s’enchaînent sans détour. Ainsi, le paradis du titre se referme peu à peu sur les deux personnages.

Le décor, lui, reste familier. Pourtant, rien n’y est adouci pour le lecteur de passage. C’est sans doute ce que Johanna Diochot désigne quand elle qualifie son écriture de « réaliste et émouvante ».

Un essai sur le couple, réservé aux adultes

Le second titre disponible en audio change complètement de registre. Relation Idéale : Mode d’emploi est un essai, né d’une expérience personnelle, sur les relations amoureuses d’aujourd’hui. L’autrice y expose sa propre vision du couple, sans détour non plus.

Attention toutefois : ce livre s’adresse à un public adulte, à partir de 18 ans. Il ne s’écoute donc pas en famille, à l’inverse des titres jeunesse du catalogue.

Écrire à côté du métier

Johanna Diochot n’écrit pas à temps plein. En effet, elle enseigne, et l’écriture avance en parallèle. Trois livres publiés en huit ans, entre le roman, l’essai et la littérature jeunesse. Ses publications figurent d’ailleurs dans les données d’auteur de la Bibliothèque nationale de France.

D’où vient cette envie ? De raconter, répond-elle, et de partager. Elle évoque des histoires « que je me racontais dans ma tête depuis bien trop longtemps ». Autrement dit, l’écriture a d’abord servi à sortir un imaginaire déjà là.

Ce parcours en dit long sur les auteurs des Antilles. Beaucoup publient sans quitter leur emploi. Dès lors, leur travail circule peu, faute de temps et de relais.

Pourquoi Johanna Diochot compte pour le catalogue Lèkti

L’association Lèkti est une association loi 1901, animée par des bénévoles. Sa mission tient en une phrase : faire entendre des auteurs caribéens et africains que l’on repère mal sur les grandes plateformes. Le portrait de Kibeni Mayiki, auteur de Wanni Wannan, répondait déjà à la même logique.

Une autrice guadeloupéenne, enseignante, qui écrit sur son île : cette voix-là s’entend rarement ailleurs. Par ailleurs, elle aborde des sujets que beaucoup de familles connaissent de près.

Écouter, une autre façon de lire

Le format audio progresse en France. Selon le baromètre CNL–Ipsos publié en 2025, 32 % des lecteurs écoutent des livres audio, soit quatorze points de plus qu’en 2017. La pratique n’a donc rien de marginal.

Concrètement, écouter libère les yeux et les mains. Un trajet vers Baie-Mahault, une cuisine à préparer, du linge à plier : le livre continue. Nous avions recueilli ce que disent les Guadeloupéens des livres audio dans un précédent article.

En pratique, ce format lève aussi un obstacle plus discret. Lire reste difficile pour une partie des adultes, comme le montrait notre article sur l’illettrisme en Guadeloupe. La voix, elle, n’exige aucun déchiffrage.

À ses lecteurs et auditeurs, l’autrice adresse un remerciement court : « Merci de faire vivre mes mots jusqu’à votre cœur. » Enfin, elle espère les faire voyager encore longtemps.

Ses deux titres audio se trouvent sur app.assoslekti.fr. L’achat se fait à l’unité, sans abonnement, et l’écoute se poursuit ensuite dans l’application mobile Lèkti, gratuite. Une bonne façon, en somme, de commencer par une voix d’ici.

smeynard

Auteur chez Lekti Blog

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